L’Écolabel Européen : un atout au service de la transition du secteur touristique en Europe dans un contexte de fragilisation du Pacte vert

Photos d’établissements d’hébergement touristique accompagnés par The Swarm Initiative dans leur processus de certification EU Ecolabel financé par l’ADEME à 80%

Le Pacte Vert pour l’Europe (1), initié par la Commission européenne en 2019, constitue une feuille de route ambitieuse pour faire de l’Europe le premier continent climatiquement neutre d’ici 2050. Cependant, ces derniers mois, cette dynamique est remise en question par de nouvelles stratégies de compétitivité qui tendent à reléguer la durabilité au second plan. Dans ce contexte incertain, l’Écolabel Européen émerge comme un instrument résistant et efficace pour ancrer la transition écologique du secteur touristique européen.

Le pacte vert : une ambition en péril

Conçu pour réduire les émissions nettes de gaz à effet de serre d’au moins 55 % d’ici 2030 et atteindre la neutralité carbone en 2050, le Pacte Vert s’appuie sur plusieurs piliers stratégiques : la transition énergétique, la rénovation des bâtiments, la mobilité durable et la consommation responsable. Toutefois, face à des tensions économiques et géopolitiques croissantes, certains États membres et acteurs économiques militent pour des ajustements stratégiques qui pourraient affaiblir cette ambition. Le risque est de revenir à une vision où la compétitivité prévaut sur la durabilité, mettant en péril des avancées majeures telles que la double matérialité dans le reporting extra-financier des entreprises. Le Pacte vert a été un tournant majeur pour la gouvernance européenne, permettant de s’attaquer à de grands défis mondiaux tout en poursuivant une approche écoresponsable. Cependant, si cette dynamique est remise en question, la Chine pourrait bien en prendre la relève à notre détriment, comme le soulignent Rambaud et Durand (2025) (2).

L’écolabel européen : un rempart contre l’affaiblissement des engagements environnementaux

Dans ce contexte de fragilisation des engagements environnementaux, nous défendons que l’Ecolabel européen constitue un outil résistant et structurant pour accompagner la transition écologique européenne et que sa diffusion doit être renforcée. Crée en 1992, l’écolabel officiel de l’UE repose sur des critères stricts couvrant l’ensemble du cycle de vie des produits et services, garantissant ainsi un impact environnemental réduit. Il est un levier essentiel pour favoriser une consommation et une production plus responsables. Dans le secteur touristique sur lequel nous travaillons, l’Ecolabel européen s’applique aux hébergements qui adoptent des pratiques écoresponsables en matière de gestion de l’eau, de l’énergie, des déchets et d’utilisation de produits respectueux de l’environnement.

Ce label permet aux consommateurs d’identifier des offres hôtelières et touristiques plus durables et favorise ainsi l’adoption de comportements plus vertueux par les hôteliers, les clients et leurs fournisseurs. Bien qu’il ne requière pas le reporting détaillé de la CSRD, il joue un rôle clé dans l’amélioration des résultats environnementaux, même dans un contexte où les ambitions de reporting sont réduites. La limite, qui n’en est pas nécessairement une, réside dans le fait que le label met davantage l’accent sur les obligations de moyens plutôt que sur des résultats concrets. Cela signifie qu’il valorise les efforts engagés par les acteurs du secteur, mais sans garantir l’exhaustivité et les exigences d’un reporting de la nature de la CSRD en matière de durabilité.

Une réponse adaptée aux nouvelles attentes des acteurs du secteur touristique

Pour faire évoluer le secteur touristique, une forte éthique de durabilité ne suffit pas. Il est essentiel de prêter attention aux acteurs de terrain et de comprendre les grandes tendances du secteur au-delà de la dimension durable. L’objectif est de capitaliser sur ces tendances et d’intégrer la durabilité a tous les niveaux, parfois de manière légère, parfois plus marquée. Le rapport hospitality outlook 2025 de la fameuse école hôtelière EHL confirme que le secteur est en pleine mutation, avec la digitalisation, l’expérience immersive et le bien-être des employés comme enjeux clés.

L’Ecolabel européen répond a ces transformations en intégrant à la fois qualité et durabilité. Par exemple :
• Expériences immersives et durables : les hôtels certifiés Ecolabel européen peuvent par exemple valoriser des offres intégrant le contact avec nature, la gastronomie et les produits locaux de qualité et des activités écoresponsables.
• Utilisation des données et de l’intelligence artificielle (IA) : la digitalisation des services hôteliers permet une optimisation de la consommation d’énergie et des ressources.
• Bien-être des employés : la transition écologique est aussi sociale. Les établissements engagés dans une démarche durable favorisent de meilleures conditions de travail et une gestion plus responsable des ressources humaines.

The Swarm Initiative : un acteur clé de la promotion de l’écolabel européen pour les établissements d’hébergement touristique

Dans cette dynamique, the Swarm Initiative est un partenaire conseil qui joue un rôle stratégique en facilitant l’adoption de l’Ecolabel européen par les acteurs du secteur hôtelier. Notre cabinet accompagne les entreprises dans leur transition environnementale en mettant à disposition des outils de gestion, de formation, de pilotage et de mise en conformité, en soutenant le partage de bonnes pratiques et en favorisant l’émergence d’un réseau d’acteurs engagés pour un tourisme plus durable.

Face à l’incertitude qui plane sur l’avenir du pacte vert européen, l’Ecolabel européen constitue un véritable rempart contre le retour à une compétitivité déconnectée des enjeux environnementaux. Dans le secteur touristique, il permet de maintenir le cap vers une transition écologique sérieuse, tout en répondant aux nouvelles attentes des consommateurs et aux tendances de l’industrie hôtelière. En soutenant activement l’adoption de ce label, les acteurs du tourisme ne se contentent pas de répondre aux exigences règlementaires, mais s’inscrivent dans une stratégie de différenciation et de création de valeur robuste et durable. A l’intérieur de la troisième voie européenne évoquée par Rambaud et Durand (1), deux options complémentaires s’offrent à nous : une approche règlementaire et une autre fondée sur l’engagement volontaire des acteurs sur des éléments précis, observables et impactants. Ces deux voies se renforcent mutuellement. Toutefois, face à une règlementation en panne, notre rôle, ainsi que celui des autres acteurs de l’ESS qui luttent pour transformer leur marché, devient plus crucial que jamais. Pour surmonter les obstacles liés a la lente évolution des règlementations RSE, il nous appartient de développer de nouvelles alternatives durables et de convaincre les acteurs économiques d’adopter des modèles plus responsables. C’est une de nos grandes missions !

(1) Notre ambition: être le premier continent neutre pour le climat
(2) Renoncer au Pacte Vert et à la CSRD, c’est renoncer à l’ambition et l’influence de l’Union européenne (publié sur Novethic de 25 février 2025)
(3) EHL INSIGHTS REPORT « Hospitality Outlook 2025 »

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