Tourisme écoresponsable : ce que nous apprend l’expérience Coucoo Cabanes sur les achats en circuit court

Tourisme écoresponsable : ce que nous apprend l’expérience Coucoo Cabanes sur les achats en circuit court Publié par Pedro Gomes Lopes le 16 juin 2025 Dans un monde numérique où de plus en plus de biens sont achetés en ligne, souvent produits à l’autre bout du globe, sans information sur leur origine, leurs conditions de fabrication ou les personnes qui les ont réalisés, ce que j’ai observé pendant deux jours au domaine Coucoo Cabanes des Grands Cépages m’est apparu comme une véritable bouffée d’oxygène, dans un environnement, aussi bien personnel que professionnel, de plus en plus désincarné. I. Coucoo Cabanes des Grands Cépages Situé à Sorgues, près d’Avignon, au cœur d’une grande région viticole française, le domaine des Grands Cépages propose un service d’hôtellerie en plein air, composé de 20 cabanes en bois de grande qualité, sans wifi ni télévision. L’expérience est enrichie par diverses activités (yoga, sophrologie, dégustations de vins et de produits du terroir), une boutique de produits locaux, un service de restauration en cabane (petit-déjeuner, brunch, dîner), ainsi que plusieurs autres services sur le domaine. II. Un modèle hôtelier fondé sur les circuits courts Des achats ancrés dans l’économie locale Les achats auprès de producteurs et d’artisans locaux, qu’ils concernent la restauration ou la vente directe, sont au cœur du fonctionnement du domaine. Cette orientation se matérialise à de nombreux endroits, comme dans le bâtiment central qui propose une large gamme de produits : vins, bières artisanales, produits d’hygiène, vêtements, plats préparés par des traiteurs locaux, etc. Une alternative aux logiques d’achat traditionnelles Ici, les cabanes des Grands Cépages ne recourent quasiment pas aux marchés internationaux (à l’exception de certains équipements, comme les appareils électriques, pour lesquels il est parfois impossible de trouver une alternative française). Les achats sont majoritairement réalisés sur les marchés locaux, avec une production quasi exclusivement régionale. Ce fonctionnement contraste avec celui des hôtels plus traditionnels, où les achats sont souvent évalués selon trois critères : qualité, coût, et délai/risque de livraison. Aux cabanes des Grands Cépages, d’autres dimensions entrent en ligne de compte : origine locale, méthodes de fabrication, existence de certifications robustes et reconnues, fiabilité des producteurs… avec lesquels se tissent des relations durables. La relation fournisseur : du contrat à la collaboration Cette approche transforme à la fois la manière d’acheter et la nature de la relation commerciale. D’après les échanges observés avec les fournisseurs, l’acte d’achat devient une relation intuitu personae plutôt qu’un simple échange impersonnel de biens ou de services contre de l’argent. Il requiert plus de temps pour coordonner, discuter, comprendre les produits et leur mode de production, mais ce temps est investi, non perdu : il est un ingrédient essentiel dans la construction d’une relation. Il s’agit, pour reprendre la pensée d’Emmanuel Levinas, d’une forme de responsabilité qui émerge dans la rencontre en face-à-face avec l’autre : « tout simplement une rencontre de l’Autre, une saisie, devant le visage, de ma responsabilité » (La pensée éthique contemporaine). Mais concrètement, que change cette manière d’acheter ? III. Trois bénéfices concrets de cette approche responsable Une relation s’établit avec le produit et son producteur On connaît leur histoire, leur goût, leurs usages, et cela permet d’en parler aux clients. À l’heure de l’hôtellerie expérientielle, cela devient un levier de création de valeur non seulement pour le client, mais aussi pour le territoire, l’environnement, l’économie locale, et in fine pour la proposition de valeur du domaine. Une dynamique de co-création avec les producteurs Ces relations client-fournisseur permettent une adaptation mutuelle : le fournisseur ne se contente plus d’offrir le meilleur prix, il devient un partenaire capable de faire évoluer ses produits en fonction des besoins spécifiques du site hôtelier comme par exemple consolider sa décision de passer sa production de vin en bio. La confiance et la proximité renforcent la résilience Des relations durables sont plus à même de résister aux crises, sanitaires, économiques ou logistiques et favorisent des solidarités concrètes entre partenaires. Vers une hôtellerie plus responsable Ces observations ne donnent qu’un aperçu des pratiques d’achat développées par Coucoo Cabanes, mais elles montrent déjà à quel point ces pratiques, souvent rattachées à la RSE, peuvent devenir de véritables piliers stratégiques et des leviers de création de valeur. Nous nous en inspirons, et comme pour l’ensemble de nos projets, nous les diffusons pour faire circuler dans le secteur touristique de nouvelles manières, concrètes et impactantes, de conduire les affaires.

La gouvernance de l’IA pour les territoires

La gouvernance de l’ia pour les territoires Publié par Quentin Panissod le 13 juin 2025 ©Crédits photo : Jean-Sébastien Cailleux, ANPP, Morlaix Introduction La gouvernance de l’intelligence artificielle au sein des organisations est un sujet qui fait beaucoup couler d’encre. A l’occasion des Rencontres Techniques des Pôles territoriaux et des Pays sur l’IA, j’ai été invité à intervenir sur cette dernière. Car en effet, les opportunités et risques issus de la tendance de l’IA dépendent davantage des choix d’organisation des structures y ayant recours, et, par conséquent, de leurs choix de gouvernance. La gouvernance, soit l’art de gouverner, concerne l’ensemble des pratiques qui affectent l’exercice du pouvoir. Une bonne gouvernance assure que votre organisation satisfasse la mission qui lui est confiée, pour elle et toutes ses parties prenantes. Dès lors, l’utilisation de logiciels dotés d’IA entre les mains de salariés, d’agents, d’élus, de dirigeants, mais aussi la construction de grands data centers dans certains territoires, viennent perturber la gouvernance des organisations. Comment saisir ces nouvelles opportunités et résister aux nouvelles menaces ? Dans le cas des Rencontres Techniques des Pôles territoriaux et des Pays, nous nous intéresserons à la fois aux territoires dans leur ensemble mais aussi spécifiquement aux territoires de projets, comme défini ci-dessous. Définition d’un territoire de projet (Association Nationale des Pôles Territoriaux et des Pays) : Un Territoire de projet c’est : un espace géographique regroupant plusieurs établissements publics de coopération intercommunale (en moyenne 4) autour d’un projet de territoire. Ce regroupement supra-communautaire permet d’instaurer un espace de dialogue, de concertation, de coordination des politiques publiques et de participation citoyenne. Il porte le projet de territoire pour le compte des EPCI membres, il est le support de la mise en œuvre des actions des politiques publiques locales, en lien avec les acteurs privés, associatifs, socio-professionnels et entrepreneurial. I. Pourquoi investir du temps dans la gouvernance de l’IA ? Voici 4 raisons concrètes qui témoignent d’enjeux impossibles à traiter sans travailler sa gouvernance de l’IA : Tout utilisateur d’un smartphone utilise l’IA au quotidien indirectement Il est dont sujet à de nombreuses influences sur l’exercice de ses pouvoirs. Tous les décideurs sont régulièrement démarchés ou touchés par des discours publicitaires sur des services basés sur des technologies d’IA Ils consacrent du temps à la lecture, l’écoute et l’analyse de ces propositions. Tous les acheteurs sont amenés à évaluer des logiciels ou matériel intégrant de l’IA Ils doivent donc être capables d’en comprendre et négocier les enjeux, en posant les bonnes questions alignées avec la stratégie de leur organisation. Tout utilisateur de l’IA a déjà été déçu par les résultats obtenus Comme pour toute innovation, certains résultats sont loin des promesses effectuées. Encore plus impactant, le Boston Consulting Group évaluait en 2024 que 74% des entreprises peinaient encore à obtenir de la valeur et passer l’IA à l’échelle, avec pour cause dans 70% des cas des problèmes relatifs aux enjeux humains et organisationnels ! Ce résultat est confirmé sur le cas de l’IA générative par une étude plus récente de la chaire FIT² (Mines – PSL) qui observe que les gains obtenus au sein de deux cabinets de conseil « sont complètement diffus et ne produisent pas de gain d’efficacité globale ». Il ne serait pas surprenant que ces ordres de grandeurs soient similaires dans le secteur public. Enfin, nos travaux de recherche menés par Pedro Gomes Lopes au sein du Centre de Recherche en Gestion (Ecole Polytechnique) ont permis d’identifier que les imaginaires socio-techniques de l’IA introduisent des tensions profondes dans les organisations : Entre attentes et faisabilité (« l’IA peut tout faire » vs. la réalité des besoins de transformation impliqués par un nouveau logiciel) Entre injonctions à innover et besoins réels du métier (« il faut se mettre à l’IA » vs. une majorité de besoins auxquels l’IA ne peut pas répondre) Entre imaginaires projetés et expériences vécues (déceptions lors de l’utilisation des assistants conversationnels, charge importante des projets managériaux et informatiques nécessaires pour l’IA…) Alors, pour éviter d’être freinés par les risques engendrés par tous les exemples précédents, créer sa stratégie IA avec un volet sur la gouvernance est essentiel. II. Quels résultats attendre d’une gouvernance de l’IA ? Si l’on revient simplement à la définition de la gouvernance, la mise en place d’une gouvernance de l’IA au sein de votre organisation revient à : d’une part, faire en sorte que votre organisation tire parti des opportunités de l’IA pour mieux remplir sa mission et satisfaire ses parties prenantes ; d’autre part, faire en sorte que votre mission ne soit pas freinée par les risques posés par le développement chaotique de l’IA. De manière très terre à terre, je suis convaincu qu’une bonne gouvernance de l’IA, c’est : Des économies de ressources Avec sa « boussole de l’IA », la métropole de Nantes clarifie ses choix en matière d’IA et un protocole est mis en place lors de l’émergence d’un projet. Ce dernier doit respecter 7 critères alignés avec la stratégie numérique responsable de la métropole, et une simple réunion avec les bonnes personnes s’appuyant sur ce document permet d’écarter les projets apparemment risqués ou non conformes et conserver les projets ayant du potentiel. Une meilleure adéquation avec les besoins réels des citoyens A Montpellier, la métropole a organisé une convention citoyenne de l’IA pour donner les moyens aux citoyens d’en comprendre les enjeux avant d’exprimer leurs attentes sur leurs sujets. Ce mode dont l’organisation peut demander un effort conséquent peut être décliné de manière plus légère, par exemple sous forme de Cafés de l’IA, une démarche ouverte initiée par le conseil national du numérique. Une meilleure adéquation avec les besoins réels des agents dans le public et des salariés dans le privé Par exemple, la MAIF a organisé une convention de trente salariés tirés au sort et a répondu par des engagements et des explications à l’intégralité de leurs propositions. A Nantes, un observatoire encourage les agents publics à témoigner de leurs usages de l’IA pour mieux identifier comment les encourager et les encadrer (pour lutter contre les pratiques de Shadow IT notamment – …

Pourquoi choisir des hôtels Écolabel européen est un levier stratégique pour les acheteurs corporate responsables et une opportunité pour les hôteliers engagés

L’Ecolabel européen, un levier stratégique pour les acheteurs corporate et une opportunité pour les hôteliers engagés Publié par Pedro Gomes Lopes le 30 avril 2025 Introduction Face à la montée des exigences réglementaires européennes et aux attentes croissantes des parties prenantes, les entreprises revoient en profondeur leur politique d’achats. La directive CSRD impose un reporting extra-financier rigoureux ; la réglementation à venir sur les green claims exige des preuves environnementales tangibles ; la norme ISO 20400 propose un cadre structurant pour professionnaliser les achats responsables.  Dans ce contexte, choisir des établissements certifiés Ecolabel européen pour l’hébergement professionnel devient un levier concret pour les acheteurs « corporate ». Parallèlement, pour les hôteliers, obtenir l’Ecolabel européen représente une opportunité stratégique pour capter une clientèle de plus en plus attentive, non seulement aux certifications, mais aussi à l’authenticité et à la transparence des engagements affichés.  I. Des achats de nuitées pour les déplacements professionnels, un enjeu de conformité et de responsabilité Le renforcement du cadre réglementaire change profondément la manière dont les entreprises gèrent leurs achats : CSRD : À partir de 2024, les grandes entreprises doivent publier des rapports extra-financiers complets, intégrant leurs impacts environnementaux, y compris ceux liés aux services comme l’hébergement professionnel. Green Claims : Toute allégation environnementale devra désormais être prouvée par des certifications reconnues, mais aussi s’accompagner d’une communication honnête et précise pour éviter les perceptions de greenwashing. ISO 20400 : Cette norme internationale encourage l’intégration systématique de critères environnementaux et recommande de favoriser la transparence et l’amélioration continue dans les relations avec les fournisseurs. Dans ce contexte, sélectionner des hôtels certifiés Ecolabel européen permet d’aligner l’hébergement professionnel avec la stratégie RSE de l’entreprise, tout en répondant aux nouvelles attentes de transparence et de crédibilité. II. L’Ecolabel européen : une référence fiable et exigeante pour les acheteurs Créé par la Commission européenne, l’Ecolabel européen est aujourd’hui le label environnemental officiel reconnu dans toute l’Union. Pour être certifié, un établissement doit notamment démontrer : une réduction significative de la consommation d’énergie et d’eau, une gestion responsable des déchets, l’utilisation de produits écoresponsables, une sensibilisation active des clients et des collaborateurs. La certification repose sur un audit indépendant réalisé par l’AFNOR et est régulièrement réévaluée pour garantir la pérennité des engagements. Toutefois, dans un contexte où la méfiance face au greenwashing grandit, il ne suffit pas d’afficher une certification. Les acheteurs comme les clients attendent également que les engagements environnementaux soient incarnés de manière sincère et transparente dans les pratiques quotidiennes des établissements hôteliers.Ainsi, choisir des établissements labellisés, mais aussi attentifs à la cohérence de leur démarche environnementale, renforce la crédibilité de la politique d’achats responsables. 📌 Focus sur les réglementation et norme clés Directive/Norme Ce qu'elle impose CSRD Reporting obligatoire sur les impacts environnementaux de tous les achats, y compris les nuitées Green Claims Preuves exigées pour toute affirmation environnementale, transparence exigée ISO 20400 Intégration de critères RSE dans les achats, recommandation d’utiliser des labels fiables et de favoriser la transparence ✅ Pourquoi c’est crucial ? Choisir l’Ecolabel européen pour l’hébergement professionnel permet d’aligner la politique d’achats « corporate » avec les nouvelles obligations tout en favorisant la confiance des parties prenantes. III. Pourquoi l’Ecolabel européen est aussi une opportunité stratégique pour les hôteliers De leur côté, les hôteliers engagés dans une démarche de certification trouvent dans l’Ecolabel européen un levier puissant pour se différencier. Mais dans un marché de plus en plus exigeant, la certification seule ne suffit pas : c’est la cohérence entre l’engagement affiché et l’expérience client qui construit une réelle valeur perçue.  Être certifié Ecolabel européen permet : De gagner en visibilité auprès des acheteurs responsables, De valoriser un engagement authentique en matière de durabilité, De répondre à la demande de transparence sur les pratiques environnementales, D’anticiper les attentes du marché et des consommateurs. Les établissements qui articulent clairement leur politique environnementale autour du label, en communicant de manière efficace comment il se traduit dans les opérations quotidiennes, renforcent la fidélité client et leur positionnement sur le long terme. 🛎️ Bénéfices croisés de l’Ecolabel européen pour acheteurs et hôteliers Pour les acheteurs corporate Pour les hôteliers Répondre aux obligations CSRD Valoriser son engagement RSE auprès des clients corporate Sécuriser la conformité face aux « green claims » Accroître sa visibilité sur le marché des achats responsables sans risques de green washing Simplifier le reporting RSE (preuves certifiées) Se différencier dans les appels d’offres d’entreprises Structurer la politique voyages durable Renforcer sa crédibilité environnementale par un label officiel et reconnu Contribuer à la transition écologique sectorielle Optimiser ses consommations et réduire ses coûts d’exploitation 🎯 En résumé Acheteurs : crédibiliser, sécuriser, structurer la RSE. Hôteliers : crédibiliser, fidéliser, attirer. IV. Comment intégrer l’Ecolabel européen dans sa politique d’achats et comment l’obtenir pour son hôtel Pour les acheteurs corporate Insérer l’Ecolabel européen dans les appels d’offres Privilégier les hôtels certifiés dans les politiques voyages Former les équipes à reconnaître les engagements réellement appliqués sur le terrain Valoriser la transparence dans les relations fournisseurs Pour les hôteliers S’aligner sérieusement sur les critères de certification Adopter des pratiques écologiques concrètes et visibles Être capable d’expliquer clairement ses engagements aux clients et partenaires Faire de la transparence un axe de différenciation au-delà du label Comment obtenir l’Ecolabel européen pour votre établissement ? La manière standard pour obtenir l’Ecolabel européen en hôtellerie : 1 Prendre connaissance des critères sur https://www.ecolabeltoolbox.com/fr/ 2 Réaliser un auto-diagnostic 3 Mettre en œuvre tous les changements  nécessaires dans votre établissement 4 Contacter un organisme certificateur agréé : AFNOR certification 5 Passer l’audit de certification 6 Communiquer de manière authentique sur ses engagements Tout cela prend du temps mais c’est du temps très bien investi ! C’est pour cette raison que nous avons gardé le meilleur pour la fin ! Conclusion À l’heure où la durabilité ne peut plus être une simple déclaration d’intention, l’Ecolabel européen s’impose comme un repère solide, à condition qu’il soit accompagné d’une démarche sincère et visible.Pour les acheteurs corporate, il permet de sécuriser les achats responsables, d’alimenter un reporting fiable et d’éviter les risques liés aux green claims.Pour les hôteliers, il …